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La garde d'enfants est intrinsèquement liée à l'économie : comment en faciliter l’accès pour les familles et les candidates ?


Malgré le fait que de nombreuses familles connaissent des difficultés pour trouver des services de garde d’enfant qui leur conviennent, rien des revendications des mouvements sociaux de 2018, ni ceux de décembre 2019 ou de janvier 2020 n’aborde le sujet. Une correspondante américaine me dit que la situation n’est pas meilleure aux USA, et que les débats des Républicains ne s’intéressent pas davantage à leurs besoins de faire garder leurs enfants à des prix accessibles. Il semblerait que cette situation soit internationale !

Certains pays aient des conditions d'accès à ce mode de garde encore plus difficile qu'en France. Je pense notamment aux USA. A l'occasion des campagnes pour les municipales chez nous, et alors que les primaires ont également lieu aux USA, j'ai pu comparer les deux situations. Et apporter quelques idées d'amélioration pour la situation française, une sorte de manifeste.

Vivement des changements intéressants pour les intervenantes et les familles !

Les changements relatifs à la CAF auraient-ils eu une influence sur la PAJE si ces premiers n’avaient pas fait l’annonce d’un sursis par le gouvernement ? Une suspension en guise d'alternative à l'exécution de nouvelles règles ? Il aurait été bien que la Caf paye directement les professionnelles, laissant aux parents le soin de ne s’acquitter que leur quote-part. De la sorte, ils n'avanceraient pas la totalité du paiement et n'auraient pas à attendre un remboursement.

Ce débat n’est pas nouveau, il est à l’origine de confusions auprès des parents qui trouvent la garde d’enfant à domicile plus chère que le garderie, alors qu’il n’en est rien : les familles ne s’acquittent que de la facture diminuée de la prise en charge de l’Etat. Forcément, au moment de payer, la facture paraît moins chère ! Le prix du service en agence est pourtant très accessible, voire parfois plus intéressant que dans une garderie communale ou privée.

Pourquoi les familles mériteraient-elles plus d’aides ?

Comme les soins de santé et le changement climatique, la garde d’enfant continue de créer un stress pour les familles parisiennes. La plupart des parents ayant des enfants de moins de 10 ans exprime qu'il est difficile de trouver des assistantes maternelles de qualité et abordables dans leur région, notamment à Paris.

Une étude européenne de 2018 soulignait que, lorsque les familles trouvent des intervenantes de qualité, le coût peserait beaucoup trop sur leur stabilité financière. Une autre enquête outre-Atlantique de 2019 définissait que près de la moitié des familles consacrent un minimum de 15% du revenu de leur ménage pour faire garder leurs enfants. Ne serait-ce qu’à ce titre, le sujet aurait mérité quelques débats…

La garde d’enfant serait plus chère que les frais de scolarité

Bien que les tarifs pour faire garder son enfant restent accessibles, il faut le rappeler, la facture reste plus élevée que des frais de scolarité. Malgré toutes les aides et l’évolution des congés parentaux, les nouveaux parents sont incités à retourner sur le marché du travail dès que possible, raison pécuniaire oblige. Dont les droits à la retraite.

Il faut également comprendre un fait de société à la française : les familles ont des enfants de plus en plus dans la trentaine, voire dans la quarantaine et beaucoup moins dans la vingtaine comme dans le passé. Ce qui signifie que ces parents élèvent souvent de jeunes enfants et vont prendre soin de leurs propres ascendants en parallèle. Ce qui est une situation familiale ingérable. La garde d’enfants s’impose comme une évidence dans les prochaines décennies. En effet, un parent lambda aurait beaucoup de difficultés à gérer un ascendant vieillissant à l'hôpital ou à rester présent à ses côtés dans une maison spécialisée, puis se précipiter pour aller chercher son enfant à la sortie de l’école.

Les femmes sont toujours les premières perdantes

Une fois encore, il est constaté un fardeau incombant principalement aux femmes. Cela fait référence à la charge mentale et physique que les femmes assurent, en plus des tâches domestiques. Les responsables des différentes études notent que les femmes doivent alors faire un choix, mais que de nos jours elles quittent de moins en moins une profession pour laquelle elles ont la passion, pour s'occuper de leur famille. Renoncer à un salaire à un coût supérieur au prix d’une garde d’enfant ! C’est pourquoi je pense qu’il est juste d’affirmer qu’une agence proposant ces services est adaptée à la réalité de la vie des femmes aujourd’hui.

Sans chercher à faire preuve de féminisme, une autre situation montre cet handicap face à la garde d’enfant : le retour à la vie normale quand la reprise du travail sonne mais que les écoles n’ouvrent pas. Pour illustrer, c’est la cas dans les crises sanitaires. Le retour en entreprise apparaît alors comme une simple tentative. Pensez à une agence n’est pas le réflexe immédiat d’une famille, ce qui accroit la lutte pour trouver une solution.

Exercer son activité de garde d'enfant en période de trouble social

La mission des professionnelles de la garde d’enfants se complique en période de trouble social, que ce soit une grève ou un confinement obligatoire, comme avec le coronavirus. J’ai demandé à un gendarme s’il laisserait circuler une intervenante. J’ai beaucoup aimé le discours de l’une d’elles, s’occupant des enfants d’une infirmière qui doit rester dans le feu de l’action.

La garde d'enfants est intrinsèquement liée à l'économie. Il s’agit d’en faciliter l’accès pour les familles et les candidates, mais aussi d’avoir une économie forte. Or, il est impossible d'avoir une économie forte quand il est trop cher de travailler en raison des services de garde, ou d’arrêter de travailler.